Incendie en Gironde :le suivi, vu de Charente-Maritime
Le feu parti mercredi de Saumos n'est toujours pas maîtrisé. La presqu'île du Cap-Ferret a été évacuée par la route et par la mer, et les fumées recouvrent une partie de la Charente-Maritime. Récit, chiffres officiels et carnet de suivi tenu depuis notre département.
L'été 2026 restera marqué au fer rouge en Nouvelle-Aquitaine. Le feu qui s'est déclaré mercredi 22 juillet près de Saumos, dans le Médoc, est devenu en trois jours l'incendie le plus important de la saison en France : environ dix-neuf mille hectares parcourus vendredi soir, cent dix mille personnes évacuées, la presqu'île du Cap-Ferret vidée par la route et par la mer. Deux sapeurs-pompiers ont perdu la vie en début de semaine en Gironde, selon l'annonce du ministre de l'Intérieur. Nos pensées vont à leurs familles, à leurs collègues engagés sans relâche et à tous les habitants évacués. Depuis la Charente-Maritime, où Eco Drones est basée, l'événement se voit et se respire : nous tenons ici un carnet factuel de la situation, appuyé sur les points officiels et sur ce que nous observons depuis notre département.
⚠ Fin du suivi en continu — dernier point global : vendredi 31 juillet. Le feu est « stabilisé » mais n'est pas encore déclaré fixé : ce carnet sera désormais complété aux prochaines étapes majeures, en premier lieu l'annonce officielle d'un feu fixé. Pour les consignes en temps réel, suivez exclusivement la préfecture de votre département, votre mairie et le SDIS.
Entrées les plus récentes en haut, complétées à chaque point de situation officiel. Nos prises de vues — y compris aériennes — sont réalisées depuis la Charente-Maritime, à grande distance du sinistre, hors de toute zone d'opérations et d'interdiction de survol. Jamais à proximité d'un feu : dans ces secteurs, pendant les opérations, les drones restent au sol.
Vendredi 31 juillet — le point global : dix jours après le départ du feu, ce carnet quitte la mise à jour en continu. Voici où en est la situation, au dernier point préfectoral publié — jeudi seize heures — et ce qu'il faut retenir de l'épisode. Le feu est stabilisé, mais toujours pas fixé : la surface parcourue est inchangée depuis mardi, à quarante-deux mille hectares, la météo océanique est redevenue favorable, et les opérations se concentrent sur la consolidation des lisières et le traitement des points chauds résiduels. Le mouvement des retours, lui, a changé d'échelle : après Eysines, Mérignac et Le Haillan mardi, la préfète a autorisé jeudi matin la réintégration de neuf communes supplémentaires — Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean-d'Illac, Martignas-sur-Jalle, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, Salaunes et Sainte-Hélène. Les habitants concernés trouveront sur le site de la préfecture des attestations d'ordre d'évacuation par commune, précieuses pour les démarches d'assurance — le délai de déclaration des sinistres court jusqu'au trente et un août, et jusqu'à trois semaines de relogement sont prises en charge pour les personnes évacuées sur ordre. Le bilan provisoire de l'épisode, aux derniers chiffres officiels : quarante-deux mille hectares parcourus, deux cent vingt-quatre mille personnes évacuées — présentée par le ministre de l'Intérieur comme la plus vaste opération d'évacuation civile menée en France hors temps de guerre —, deux cent quarante habitations détruites, deux cent trente sapeurs-pompiers blessés. Pour mémoire, les deux sapeurs-pompiers qui ont perdu la vie sont morts le vingt et un juillet, pris au piège par les flammes lors d'un feu distinct à Mérignac, près de l'aéroport, selon la gendarmerie nationale. En face, des moyens sans précédent : jusqu'à trois mille trois cents pompiers épaulés par les renforts européens — Suisse, Croatie, Tchéquie, Belgique notamment —, vingt-quatre moyens aériens dont l'A400M, mille cinq cents militaires, cent trente kilomètres de coupes tactiques puis deux cent quarante kilomètres de lisières à sécuriser ; sans oublier, dans le ciel, les drones militaires Reaper opérés depuis la base de Cognac-Châteaubernard, qui surveillent le feu jour et nuit pour guider les secours. Côté enquête, la piste accidentelle est privilégiée — un chantier de débroussaillage sous une ligne à haute tension, selon le procureur de la République de Bordeaux — et la préfecture a recensé vingt-six interpellations pour des comportements dangereux en période d'interdiction. Vu de Charente-Maritime, l'épisode aura été celui des fumées : seuil d'alerte aux particules dépassé dès le premier samedi sur la Charente et le sud du département, masques FFP2 dans les pharmacies, panache de retour jusqu'à Jonzac mardi soir, massifs verrouillés par l'arrêté préfectoral en période de vigilance très sévère — et un rappel, avec le feu fixé de Saint-Palais-de-Négrignac, que notre département n'est pas spectateur mais concerné. Enfin, pour les télépilotes : la mesure en vigueur est la zone de restriction aérienne, matérialisée par NOTAM, qui interdit depuis mercredi huit heures tout aéronef civil — drones compris — au-dessus du périmètre étendu du feu, un ciel occupé par les moyens de lutte et de surveillance. D'après les NOTAM actifs au premier août — référence LFFA-R2303/26 et NOTAM associés —, l'emprise couvre l'ouest de la Gironde et le nord des Landes sur un rayon d'environ cinquante kilomètres : le Bassin d'Arcachon en entier, jusqu'aux portes de Bordeaux à l'est et jusqu'à Biscarrosse au sud (carte ci-dessous). Il ne s'agit donc pas d'une interdiction sur l'ensemble du département, mais la zone évolue avec les opérations : avant tout vol en Gironde, dans les Landes et dans leurs abords, consultez impérativement les NOTAM en vigueur. La suite : ce carnet sera complété aux prochaines étapes majeures — en premier lieu l'annonce officielle d'un feu fixé, puis éteint. D'ici là, les consignes restent celles des préfectures et des mairies. Merci à toutes celles et ceux qui ont suivi et partagé ce carnet depuis dix jours — et courage, encore, à tous les soldats du feu.

Jeudi 30 juillet, matin : pas encore de point préfectoral publié à l'heure de cette mise à jour — nous l'intégrerons dès sa parution. Au dernier point officiel, hier à vingt-trois heures, le feu restait stabilisé, avec une surface inchangée depuis quarante-huit heures et trois foyers encore actifs en soirée après les sept départs de feu de la journée. Le changement attendu, c'est le ciel qui l'apporte : la bascule au flux océanique annoncée par la préfecture doit faire chuter les températures par l'ouest dès aujourd'hui — après la journée de vigilance orange d'hier, les conditions de lutte devraient enfin s'améliorer. Dans l'attente du bilan officiel de la nuit, deux informations de la veille méritent d'être notées : la ministre de la Santé a annoncé la livraison de plus de cinq millions de masques FFP2 dans les pharmacies de Gironde, distribués en priorité aux personnes vulnérables selon les critères de l'agence régionale de santé ; et les renforts européens continuent d'affluer, la Belgique ayant engagé des véhicules pompiers militaires et leurs équipages vers Bordeaux, selon le média public belge RTBF. En Charente-Maritime, nous guetterons dans la journée l'effet de la bascule d'ouest sur le panache et la qualité de l'air. Prochain point dès le communiqué préfectoral de la matinée.
Mercredi 29 juillet, 23 heures : la journée la plus redoutée depuis l'accalmie s'achève sans basculement : à vingt-trois heures, le feu est toujours stabilisé, indique le point préfectoral, la surface parcourue restant de quarante-deux mille hectares — inchangée depuis quarante-huit heures. La journée n'a pourtant rien eu d'une formalité : les sapeurs-pompiers ont dû affronter sept départs de feu dans l'après-midi, avec l'appui des moyens aériens, dans les secteurs de Lanton et Blagon, du Temple, de Lège, de Saint-Jean-d'Illac et de Cestas ; trois foyers restaient actifs en soirée, et un nouveau départ de feu, au Barp, hors du périmètre, a été traité. La vraie bonne nouvelle vient du ciel : la météo devrait redevenir plus favorable jeudi, avec une bascule au flux océanique qui fera chuter les températures par l'ouest. Les renforts, eux, changent d'échelle : trois mille trois cents sapeurs-pompiers désormais — six cents de plus en un jour —, vingt-quatre moyens aériens, mille cinq cents militaires et mille quatre cents membres des forces de sécurité intérieure. Le bilan officiel des blessés bondit à deux cent trente sapeurs-pompiers depuis le début de l'événement, contre cent dix la veille ; le bilan matériel provisoire reste de deux cent quarante habitations détruites. Sur le terrain, la lutte change de phase : les cent trente kilomètres de coupes tactiques réalisés, les effectifs se concentrent sur la sécurisation de deux cent quarante kilomètres de lisières — soixante-cinq déjà traités, quarante-trois en cours. Côté habitants : les retours d'Eysines, de Mérignac et du Haillan ont concerné environ soixante mille personnes, sur les deux cent vingt-quatre mille évacuées depuis le début ; un point quotidien sur l'état du risque pilotera les prochaines autorisations de retour, pendant que les patrouilles — appuyées par dix blindés Centaure de la gendarmerie — sécurisent jour et nuit les communes encore vides. À noter pour les télépilotes et tous les curieux : une zone de restriction aérienne interdit depuis mercredi huit heures le survol du périmètre étendu du feu par les aéronefs civils — drones compris, évidemment ; on ne le répétera jamais assez. La préfète a par ailleurs réquisitionné les citernes des entreprises de travaux agricoles et autorisé, par dérogation, l'accès aux parcelles pour les cultures légumières, irriguées, le maraîchage et la viticulture, hors du créneau de quatorze à vingt-deux heures ; et l'activité partielle est ouverte de droit aux entreprises touchées — cinq cent soixante-quinze demandes sont déjà en cours d'instruction, avec des délais réduits à cinq jours pour les sinistrées. En Charente-Maritime, la bascule d'ouest annoncée devrait rafraîchir l'ensemble du Sud-Ouest dès demain ; nous suivrons l'évolution du panache et de la qualité de l'air au fil de la journée. Prochain point officiel attendu jeudi : nous l'intégrerons dès sa publication.
Mercredi 29 juillet, matin : le point préfectoral d'hier soir, vingt-deux heures trente, dresse le bilan d'une journée de mardi sous tension mais tenue : quatorze reprises de feu, toutes traitées par les sapeurs-pompiers avec l'appui des moyens aériens. Le feu est « stabilisé mais demeure actif » ; en soirée, il restait actif mais contenu sur trois secteurs — le camp militaire de Souge, le Grand Crohot et Lanton. Le bilan humain grimpe fortement chez les soldats du feu : cent dix sapeurs-pompiers blessés depuis le début de l'événement, contre quatre-vingt-huit la veille au soir. Le bilan matériel provisoire reste de deux cent quarante habitations détruites, et la surface parcourue toujours estimée à quarante-deux mille hectares. Les moyens continuent de monter : deux mille sept cents sapeurs-pompiers, vingt-trois moyens aériens désormais, mille cinq cents militaires, mille quatre cent quarante membres des forces de sécurité intérieure ; cent vingt et un des cent vingt-sept kilomètres de coupes tactiques prévus sont réalisés, de jour comme de nuit, par les militaires, la DFCI et l'ONF. Les retours autorisés hier à Eysines, Mérignac et au Haillan sont assortis de consignes strictes — suivre scrupuleusement les instructions, rester extrêmement vigilant, ne pas s'approcher des zones interdites — et l'agence régionale de santé publie ses recommandations sanitaires pour ces retours. La préfète a également précisé le sort des manifestations : autorisées au nord de la Garonne, examinées au cas par cas au sud, jamais dans des espaces végétalisés. La journée de ce mercredi s'annonce comme la plus délicate depuis l'accalmie : vigilance canicule orange à partir de midi, jusqu'à quarante-deux degrés annoncés par Météo-France dans l'intérieur des Landes et de la Gironde, humidité en baisse et vents d'ouest attendus autour de quarante kilomètres par heure — des conditions défavorables face auxquelles la préfecture assure que la mobilisation reste totale. Deux adresses utiles ont par ailleurs été ouvertes : incendie33.animaux@gironde.gouv.fr pour la prise en charge des animaux laissés sur place lors des évacuations, et pref33-logistique@gironde.gouv.fr pour les dons des acteurs économiques. Note rassurante côté air : les mesures réalisées hier par l'agence régionale de santé ne montrent aucune trace de monoxyde d'azote. En Charente-Maritime, après le retour des fumées sur le sud du département hier soir, nous surveillons l'évolution du panache avec la bascule de vent annoncée. Pas encore de point préfectoral publié ce mercredi matin : nous l'intégrerons dès qu'il tombe.
Mardi 28 juillet, 20 heures : la journée redoutée s'est révélée conforme aux craintes, sans basculement : le feu reste « stabilisé » selon le point de la préfecture, mais la préfète a recensé quatorze reprises de feu dans la journée — dont une importante à Lège-Cap-Ferret, signalée par la commune — et un départ de feu au hameau de Haureuils, à une dizaine de kilomètres au sud-est de l'A63, dont les habitants ont été évacués. Des reprises qui témoignent de la précarité de la situation, selon le SDIS de la Gironde, dont le porte-parole le martèle : le feu n'est « en aucun cas fixé, encore moins éteint ». Face à la chaleur et à l'air sec, la préfète avait ordonné dès la matinée l'évacuation préventive, à Lacanau, des campings, résidences de tourisme, villages vacances et parcs de loisirs — près de quatre mille personnes, une opération menée sans encombre. Dans le même temps, premier mouvement inverse depuis le début de la crise : les habitants du Haillan, de Mérignac et d'Eysines, évacués le week-end dernier, peuvent rentrer chez eux s'ils le souhaitent, à condition de rester prêts à repartir en cas de nouvelle menace. La surface parcourue reste estimée à environ quarante-deux mille hectares, sans nouveau chiffre officiel ce mardi. Côté gouvernement : une réunion de crise se tient ce soir au ministère de l'Intérieur, une rencontre est convoquée jeudi à Bercy pour les entreprises touchées — le ministère de l'Économie évalue à environ cent trente mille le nombre de salariés empêchés de travailler — et le ministre de l'Intérieur fait état de plus de cent quatre-vingts interpellations depuis début juillet en lien avec les incendies dans le pays. Côté air, l'épisode de pollution aux particules s'étend désormais à la Gironde, aux Landes et au Lot-et-Garonne, selon Atmo Nouvelle-Aquitaine. Et chez nous, la soirée le confirme à l'œil nu : portées par le vent, les fumées sont de retour sur le sud de la Charente-Maritime — à Jonzac, l'horizon s'est chargé en fin de journée et le soleil s'est voilé (photos ci-dessous). La procédure d'information et de recommandations reste d'ailleurs active sur l'ensemble du département, rappelle la préfecture de la Charente-Maritime : personnes fragiles, limitez les efforts en extérieur tant que l'air se charge. Prochain point officiel attendu dans la soirée ou demain matin : nous l'intégrerons dès sa publication.




Mardi 28 juillet, matin : le point préfectoral d'hier soir, vingt-deux heures trente, confirme l'accalmie amorcée dans la nuit de dimanche à lundi : grâce à un vent d'ouest resté faible, le feu n'a pas gagné de terrain en vingt-quatre heures, malgré de nombreuses reprises traitées sur la majorité des secteurs, et les secours ont pu se consacrer au traitement et à la sécurisation des lisières, appuyés par les moyens aériens — dont deux nouveaux largages de l'A400M. La surface reste estimée à quarante-deux mille hectares. Le ministre de l'Intérieur décrit un feu « stabilisé » mais pas fixé, et la préfecture prévient que la situation demeure très imprévisible, à la veille d'une journée marquée par une hausse significative des températures et une baisse de l'hygrométrie : la Gironde passe en vigilance jaune canicule ce mardi à partir de midi, avec des pointes annoncées jusqu'à quarante degrés dans le Sud-Ouest et un air plus sec — une perspective peu favorable à la lutte. Le bilan s'alourdit encore chez les soldats du feu : quatre-vingt-huit sapeurs-pompiers blessés depuis le début de l'événement, et le bilan matériel provisoire s'établit à deux cent quarante habitations détruites. Les moyens restent au plus haut : deux mille sept cent cinquante sapeurs-pompiers, renforcés par de nouveaux moyens européens, dix-huit moyens aériens, mille cinq cents militaires, mille quatre cent quarante membres des forces de sécurité intérieure, et cent trois kilomètres de coupes tactiques désormais réalisées par les militaires, la DFCI et l'ONF. Toujours près de deux cent vingt mille personnes évacuées dans vingt-trois communes, sans retour possible avant que le feu soit fixé — « aucune exception », insiste la préfecture, qui a par ailleurs interdit les manifestations sportives et culturelles dans tout le département, ainsi que la navigation et les activités nautiques sur le plan d'eau de Cazaux-Sanguinet ; des patrouilles Sentinelle sécurisent les communes évacuées. Côté démarches, des mesures utiles aux évacués ont été annoncées : délai de déclaration des sinistres prolongé jusqu'au trente et un août, et prise en charge de jusqu'à trois semaines de relogement au titre de l'assurance habitation pour toute personne évacuée sur ordre des autorités, que le logement soit endommagé ou non ; la cellule d'information du public répond désormais vingt-quatre heures sur vingt-quatre au 09 70 80 90 40, et une cellule d'urgence médico-psychologique au 0800 719 912. Dans les Landes, l'embellie se confirme : le président de la République a annoncé lundi soir, depuis le centre de crise de Bordeaux, que le feu de Biscarrosse était fixé — environ trois mille six cents hectares parcourus — et huit mille des plus de trente mille personnes évacuées ont déjà pu regagner leur domicile. Côté air, enfin : Atmo Nouvelle-Aquitaine prévoit pour ce mardi des indices mauvais à extrêmement mauvais sur une grande partie de la Gironde et des Landes, où l'épisode de pollution aux particules se poursuit, et des indices moyens à dégradés sur le reste de la région — une nette accalmie pour la Charente-Maritime par rapport au pic de samedi. Depuis Montendre, lundi après-midi, les fumées restaient pourtant bien visibles à l'horizon en direction de la Gironde (photos ci-dessous). Prochain point préfectoral attendu dans la journée : nous l'intégrerons dès sa publication.


Lundi 27 juillet, matin : après une cinquième nuit de lutte, la préfecture de la Gironde annonce ce matin une situation restée « globalement stable au cours de la nuit », les secours demeurant « pleinement mobilisés ». Le bilan humain chez les soldats du feu s'alourdit : quatre-vingt-quatre sapeurs-pompiers blessés depuis le début du sinistre, dont dix évacués, selon le point de situation préfectoral. Le bilan matériel aussi : la préfecture porte désormais à environ deux cent quarante le nombre d'habitations détruites. Sur le terrain, deux mille cinq cents pompiers, mille cinq cents militaires et mille deux cents policiers et gendarmes sont mobilisés — les forces de l'ordre sécurisant les communes vidées et les axes coupés. Dans la nuit, les évacuations se sont étendues à des secteurs de l'ouest de l'agglomération bordelaise — Saint-Jean-d'Illac, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, Martignas et des quartiers voisins, selon la presse spécialisée. Aucun nouveau chiffre officiel de surface n'a été publié à cette heure : le bilan reste d'environ quarante-deux mille hectares, le prochain point préfectoral étant attendu en soirée. Les conditions du jour s'annoncent défavorables — vent persistant, chaleur, hygrométrie basse — et la préfète évoque une possible aggravation mardi : pas de retour des évacués tant que le feu n'est pas fixé, pas d'activité dans les entreprises des communes évacuées ce lundi, et un appel renouvelé aux touristes à ne pas venir dans la zone. Le président de la République préside une cellule interministérielle de crise à dix heures. En Charente-Maritime, l'épisode de particules fines se poursuit au gré des vents : les consignes pour les personnes fragiles restent de mise.
Dimanche 26 juillet, fin de journée : reportage depuis la butte de Beaumont, l'un des rares points hauts dominant l'estuaire de la Gironde côté charentais. Vent d'ouest soutenu, mais une épaisse couverture nuageuse masque en cette fin de journée le panache vers le Médoc — que l'on ne voie plus la fumée ne signifie pas que le feu est éteint : les points officiels restent la seule référence. Sur le chemin, le signe le plus concret de la crise pour notre département : les accès forestiers barrés de rubalise, et l'affiche de l'arrêté préfectoral n° 26EB513 placardée à l'entrée des massifs. Le préfet de la Charente-Maritime a instauré des restrictions renforcées sur les secteurs boisés les plus sensibles — dont le secteur 4, la Double saintongeaise, cartographié en annexe de l'arrêté — applicables dès que la vigilance « très sévère » est déclenchée, ce qui est le cas : dans les massifs de plus d'un demi-hectare, l'accès, la circulation, le stationnement et la présence du public sont interdits. Seuls les agents en mission de service public, les propriétaires forestiers et leurs ayants droit peuvent y pénétrer ; la circulation reste autorisée sur les routes goudronnées ouvertes. Randonnées organisées, activités sportives et loisirs de groupe sont suspendus de quatorze à vingt-trois heures, la chasse et les tirs interdits, le bivouac proscrit. Selon l'affichage constaté sur le terrain, le dispositif court jusqu'au 30 septembre. Avant toute sortie en forêt cet été : vérifier le niveau de vigilance du jour, et respecter la rubalise.




Dimanche 26 juillet, soirée : « la situation demeure très défavorable », résume le ministre de l'Intérieur. Son récit de la nuit confirme la violence de l'épisode : un feu « redevenu extrêmement virulent, imprévisible, créant son propre vent et évoluant de manière erratique vers l'agglomération bordelaise », avant une accalmie en fin de nuit. Les moyens atteignent un niveau inédit : deux mille cinq cents sapeurs-pompiers engagés en Gironde — dont un groupe venu de Suisse —, mille cinq cents militaires, dix-huit moyens aériens remobilisés dès le matin et l'A400M de nouveau engagé ; le président de la République a remercié les pilotes militaires croates dépêchés dans le cadre de l'entraide européenne. Précision utile face aux rumeurs : il n'y a pas d'évacuation de la ville de Bordeaux. Côté Landes, la journée est qualifiée de décisive : le feu de Biscarrosse, environ trois mille six cents hectares, n'est pas fixé mais « mieux contenu » ; le bilan provisoire y fait état de quatre-vingt-quinze maisons et vingt-six commerces ou entreprises détruits en tout ou partie, trois mille personnes ont pu regagner leur logement, et des agriculteurs prêtent main-forte avec leurs tonnes à eau. Enfin, l'alerte aux particules fines s'étend désormais à quatre départements, dont la Charente et la Charente-Maritime : chez nous, le voile reste accroché à l'horizon et les consignes pour les personnes fragiles demeurent.
Dimanche 26 juillet, matin : la nuit a été mauvaise. Dans un communiqué diffusé à deux heures du matin, la préfète décrit une propagation rapide en début de nuit, nourrie par la combinaison de la végétation sèche et de rafales atteignant quarante kilomètres par heure — avec, à vingt heures samedi, l'observation d'un pyrocumulonimbus : un nuage d'orage engendré par l'incendie lui-même, capable de générer ses propres vents et de projeter des sauts de feu loin en avant du front. À quatre heures ce dimanche, l'estimation communiquée aux médias par la préfecture atteint quarante-deux mille hectares parcourus. Avec l'évacuation dans la nuit des communes du sud-est du Bassin et des abords de la métropole — Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios, Cestas —, ce sont désormais deux cent vingt mille personnes qui ont été évacuées en Gironde. L'autoroute A63 est fermée sur soixante kilomètres entre Bordeaux et l'Espagne, et la SNCF a interrompu le trafic ferroviaire au sud de Bordeaux jusqu'à nouvel ordre. Les autorités qualifient la situation de critique. Depuis Montendre, ce matin, l'horizon reste voilé en direction de la Gironde et de la vallée de la Garonne, et la fumée se plaque au sol sur la campagne saintongeaise au lever du jour. Ce n'est plus seulement une impression : Atmo Nouvelle-Aquitaine a déclenché samedi matin une alerte à la pollution aux particules PM10, seuil d'alerte dépassé, sur l'ensemble de la Charente et le sud de la Charente-Maritime — de Pons à Montguyon. Consigne pour les personnes fragiles : rester à domicile, portes et fenêtres fermées, exposition extérieure limitée. Une légère amélioration est attendue ce dimanche, mais le seuil d'information devrait encore être dépassé, les vents d'ouest maintenant le sud du département et la Charente sous le panache. L'une de nos vues aériennes du panache illustre d'ailleurs l'article d'ICI La Rochelle consacré à cette alerte.



Samedi 25 juillet : le point préfectoral de treize heures change l'échelle du sinistre : trente-deux mille sept cents hectares parcourus, cent soixante-sept mille personnes évacuées à titre préventif — dont cinquante-sept mille au cours de la nuit — et environ cent quarante maisons détruites sur l'ensemble des communes touchées, selon le bilan présenté par la préfète aux côtés du directeur du SDIS. Les moyens montent encore d'un cran : dix-huit aéronefs en rotation — Canadair, Dash, Air Tractor, hélicoptères bombardiers d'eau — et même un A400M de l'armée de l'Air engagé pour un largage vers Lacanau, pendant que des bulldozers taillent un vaste pare-feu entre Le Porge et Lacanau. Cinq cents militaires appuient les pompiers, un renfort immédiat de cinq cents supplémentaires est annoncé, et le dispositif est porté à mille cinq cents hommes dans la soirée selon la presse régionale. Le feu a « perdu un peu de sa virulence », dit la préfète, mais la menace « reste très sérieuse » : en soirée, de nouvelles évacuations sont ordonnées au sud de la métropole bordelaise — Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios et Cestas. L'agence régionale de santé précise que les fumées ne sont pas un nuage toxique mais l'équivalent d'une pollution atmosphérique importante. Depuis Montendre, en Haute-Saintonge, le constat est le même à l'œil nu : l'horizon reste barré de fumée en direction de la Gironde et de la vallée de la Garonne, et l'air se charge par épisodes selon les vents.

Vendredi 24 juillet, soirée : le feu n'est pas maîtrisé, selon le ministre de l'Intérieur. La préfète de la Gironde décrit un incendie « XXL », vorace, capable de sautes d'un kilomètre : environ dix-neuf mille hectares parcourus, cent dix mille personnes évacuées depuis mercredi, l'ensemble de la presqu'île du Cap-Ferret évacué par la route et par la mer, au moins cinquante-trois maisons et un camping détruits selon les bilans provisoires, quarante-deux sapeurs-pompiers blessés. De nouvelles évacuations préventives sont ordonnées en direction de la métropole bordelaise, notamment à Sainte-Hélène, Salaunes et Lanton. Depuis la Charente-Maritime, l'événement se voit et se respire : sur la côte royannaise, à Saint-Georges-de-Didonne, le panache barre l'horizon au sud du littoral ; en Haute-Saintonge, autour de Montendre, le soleil se couche voilé d'orange et l'air porte l'odeur de fumée.



Trois jours qui ont changé l'échelle du feu
Le départ de feu est signalé mercredi 22 juillet en début d'après-midi sur la commune de Saumos, au nord du bassin d'Arcachon, dans un massif de pins rendu extrêmement inflammable par la sécheresse et les canicules successives. La Gironde est alors déjà placée en vigilance rouge pour le risque de feux de forêt, depuis le mardi 21 juillet à minuit — le niveau quatre sur cinq, qui entraîne la fermeture d'accès aux espaces forestiers et l'interdiction des feux d'artifice.
La progression donne la mesure de l'événement. Quatre mille huit cents hectares jeudi soir, au point préfectoral de vingt et une heures trente. Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers une heure du matin, le feu franchit la ligne d'appui établie par les secours pour tenter de freiner sa course : huit mille sept cents hectares à l'aube. Douze mille cinq cents à la mi-journée de vendredi. Environ dix-neuf mille en soirée, selon la préfecture. « Un feu XXL, qui fait des sautes d'un kilomètre, vorace », résume la préfète de la Gironde, Sophie Brocas. La nuit de vendredi à samedi ne marque aucun répit : cinquante-sept mille personnes supplémentaires sont évacuées, et le point préfectoral de samedi treize heures porte le bilan à trente-deux mille sept cents hectares — la presse régionale évoquant, plus tard dans la journée, une progression approchant les quarante mille. Samedi en milieu de journée, la préfète note que le feu a « perdu un peu de sa virulence », sans que l'accalmie permette de le considérer comme fixé : la menace « reste très sérieuse », et les conditions redeviennent défavorables en soirée. La nuit de samedi à dimanche confirme la crainte : propagation rapide, sauts de feu, et une estimation portée à quarante-deux mille hectares dimanche à quatre heures du matin. Lundi apporte enfin un répit : pour la première fois, le feu ne gagne pas de terrain en vingt-quatre heures, indique la préfecture au soir, qui maintient l'estimation à quarante-deux mille hectares — sans pour autant considérer l'incendie comme fixé.

La journée de vendredi : la presqu'île évacuée par la route et par la mer
Vendredi matin vers huit heures, face à l'avancée des flammes vers la presqu'île, la préfecture ordonne une mesure sans précédent récent dans le département : l'évacuation progressive de l'ensemble de la presqu'île du bassin d'Arcachon, village après village, de Claouey jusqu'à la pointe du Cap-Ferret. Les gendarmes passent de maison en maison ; les évacuations s'organisent par la route départementale en direction de Bordeaux, et par la mer pour une partie des habitants et vacanciers. En pleine saison touristique, l'opération concerne des dizaines de milliers de personnes.
Le bilan matériel provisoire fait état d'au moins cinquante-trois maisons et un camping détruits à Saumos, au Porge et à Lège-Cap-Ferret. Les secours soulignent aussi ce que l'engagement des sapeurs-pompiers a permis d'éviter : deux mille maisons sauvegardées dans la nuit de jeudi à vendredi. Quarante-deux sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début du sinistre, dont neuf évacués en urgence relative. Aucune victime civile n'est à déplorer à ce stade.
En fin de journée, le vent d'ouest soutenu pousse le feu vers l'est, en direction de la métropole bordelaise. La préfecture ordonne l'évacuation préventive de Sainte-Hélène, Salaunes et Lanton, et appelle les habitants de plusieurs autres communes — jusqu'aux portes de l'agglomération — à se tenir prêts à partir. Les conditions restent défavorables : rafales annoncées jusqu'à quatre-vingts kilomètres par heure et risque d'orages secs.
Samedi, le front bascule vers le sud de l'agglomération. Au total, cent soixante-sept mille personnes ont été évacuées à titre préventif, et le bilan matériel s'alourdit : environ cent quarante maisons détruites sur l'ensemble des communes touchées, selon le point présenté par la préfète. En soirée, de nouvelles évacuations sont ordonnées à Marcheprime, Le Barp, Biganos, Mios et Cestas — notamment les secteurs de Croix-d'Hins, Pierroton et Toctoucau. Le CHU de Bordeaux rouvre en urgence son ancien établissement de Lormont et prépare des lits supplémentaires pour accueillir patients et personnes vulnérables. La préfète prévient les évacués : pas de retour avant que le feu ne soit fixé et que les conditions météorologiques ne le permettent.
Dans la nuit de samedi à dimanche, la propagation reprend et les mesures s'élargissent encore : l'autoroute A63 est fermée sur soixante kilomètres entre Bordeaux et l'Espagne, la SNCF interrompt le trafic ferroviaire au sud de Bordeaux jusqu'à nouvel ordre, et le total des évacuations en Gironde atteint deux cent vingt mille personnes selon la préfecture. Les autorités qualifient désormais la situation de critique. Mardi 28, pour la première fois, le mouvement s'inverse partiellement : les habitants du Haillan, de Mérignac et d'Eysines sont autorisés à rentrer chez eux s'ils le souhaitent, en restant prêts à repartir, tandis qu'à Lacanau campings, résidences de tourisme et parcs de loisirs — environ quatre mille personnes — sont évacués préventivement. Jeudi 30, le mouvement s'amplifie nettement : neuf communes supplémentaires — Mios, Le Barp, Cestas, Saint-Jean-d'Illac, Martignas-sur-Jalle, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, Salaunes et Sainte-Hélène — sont autorisées à la réintégration, et la préfecture met en ligne des attestations d'ordre d'évacuation par commune, utiles pour les démarches d'assurance.

Des moyens nationaux engagés, des pompiers éprouvés
Le dispositif n'a cessé de monter en puissance : jusqu'à mille deux cents sapeurs-pompiers au plus fort de vendredi, girondins et renforts venus de nombreux départements, avec des rotations d'effectifs pour tenir la durée. Samedi, dix-huit aéronefs se relaient au-dessus du massif — Canadair, Dash, onze Air Tractor et trois hélicoptères bombardiers d'eau —, appuyés par un événement rare : un A400M de l'armée de l'Air engagé pour un largage dans le secteur de Lacanau. Au sol, des bulldozers taillent un vaste pare-feu entre Le Porge et Lacanau, cinq cents militaires épaulent les secours avec un renfort de cinq cents supplémentaires annoncé — un dispositif porté à mille cinq cents hommes dans la soirée selon la presse régionale —, et mille sept cents membres des forces de sécurité assurent les évacuations et la protection des zones vidées. Les moyens aériens restent suspendus la nuit.
Derrière les chiffres, il y a des femmes et des hommes qui luttent depuis trois jours dans des conditions extrêmes. Deux sapeurs-pompiers ont perdu la vie en début de semaine en Gironde — l'annonce en a été faite par le ministre de l'Intérieur devant l'Assemblée nationale. Chaque point de situation de la préfecture le rappelle : c'est leur action acharnée qui a permis de protéger des milliers d'habitations.

Dans les Landes aussi : Biscarrosse frappée
La Gironde n'est pas seule à brûler. Depuis jeudi, un feu ravage le secteur de Biscarrosse, dans les Landes voisines : environ deux mille cinq cents hectares parcourus, vingt-cinq mille personnes évacuées et une centaine de maisons endommagées, selon le ministre de l'Intérieur. Les deux sinistres mobilisent simultanément les moyens nationaux, dans un contexte où plusieurs autres feux importants touchent le pays. Depuis, la situation s'y est nettement améliorée : lundi soir, le président de la République a annoncé que le feu de Biscarrosse était fixé, après environ trois mille six cents hectares parcourus et plus de trente mille évacuations préventives — huit mille habitants ont déjà pu regagner leur domicile.
Face à l'ampleur des deux crises, la cellule nationale d'information du public a été activée : elle centralise l'information générale et l'accompagnement des victimes et de leurs proches, en lien avec les préfectures de la Gironde et des Landes, dont les sites publient les points de situation officiels.
Vu de Charente-Maritime : un département sous les fumées
Notre département n'est pas touché par les flammes, mais il vit l'événement à sa manière. Selon les vents, le panache de fumée — visible depuis des dizaines de kilomètres — s'étire au-dessus de l'estuaire et de la côte royannaise : à Saint-Georges-de-Didonne, il barre l'horizon au sud du littoral, au point d'intriguer les vacanciers sur la plage. Dans les terres, en Haute-Saintonge, autour de Montendre, le ciel s'est voilé, le soleil se couche orange et l'odeur de fumée s'invite jusque dans les bourgs. La qualité de l'air s'en ressent par épisodes, au gré des vents.
Depuis le week-end, le phénomène a changé de dimension : la fumée, d'abord cantonnée en altitude, est descendue au niveau du sol dans la nuit de vendredi à samedi, portée par le vent, envahissant une grande partie de la Charente et le sud de la Charente-Maritime avec un goût de brûlé persistant. Atmo Nouvelle-Aquitaine, l'organisme agréé de surveillance de la qualité de l'air, a déclenché une alerte à la pollution aux particules PM10, le seuil d'alerte étant dépassé samedi — un niveau qui engage la réaction des préfectures, lesquelles appellent à la vigilance. Dans les pharmacies du sud Charente, les masques FFP2 sont partis dès l'ouverture. Recommandations officielles : les personnes souffrant de maladies respiratoires ou sensibles restent à domicile, portes et fenêtres fermées, et chacun limite les activités physiques intenses en extérieur tant que l'épisode dure.
📰 Dans la presse : ICI La Rochelle consacre un article à cette alerte sur la qualité de l'air en Charente et en Charente-Maritime, illustré par l'une de nos vues aériennes du panache, réalisée à distance depuis la Haute-Saintonge. Lire l'article sur ici.fr.

La Charente-Maritime a d'ailleurs connu sa propre alerte en début de semaine : dans la nuit du 20 au 21 juillet, un feu de forêt s'est déclaré à Saint-Palais-de-Négrignac, près de Montguyon, en Haute-Saintonge. Cent soixante sapeurs-pompiers l'ont fixé à vingt-trois hectares ; la piste criminelle est étudiée. L'épisode rappelle que la vigilance vaut pour toute la région : massifs secs, végétation stressée par la sécheresse, le moindre départ peut prendre vite.
La prévention se durcit d'ailleurs partout dans le département : le massif de Suzac est fermé aux piétons et cyclistes entre Saint-Georges-de-Didonne et Meschers, la commune des Portes-en-Ré a condamné plusieurs accès forestiers menant aux plages, et l'arrêté préfectoral n° 26EB513 verrouille les secteurs boisés les plus sensibles — dont la Double saintongeaise — en période de vigilance très sévère, comme nous l'avons constaté sur le terrain ce dimanche (voir le carnet).


Pourquoi le ciel doit rester vide de drones
Un message d'intérêt général, que nous portons en tant qu'exploitant professionnel de drones : ne faites voler aucun drone à proximité de l'incendie, ni pendant les opérations, ni dans les jours qui suivent tant que les secours travaillent. Lorsqu'un drone est détecté dans le secteur d'un feu, les Canadair, Dash et hélicoptères doivent interrompre leurs largages : le risque de collision est réel, et chaque rotation annulée fait gagner le feu. Des zones d'interdiction temporaire de survol sont en place autour du sinistre, et les contrevenants s'exposent à des poursuites.
Aucune image ne vaut une rotation de Canadair. C'est aussi pour cette raison que toutes les prises de vues de ce carnet sont réalisées depuis la Charente-Maritime, à grande distance du sinistre, hors de toute zone d'opérations et d'interdiction. Depuis le mercredi 29 juillet à huit heures, une zone de restriction aérienne interdit d'ailleurs officiellement le survol du périmètre étendu du feu à tous les aéronefs civils, drones compris ; dans ce même ciel, des drones militaires Reaper opérés depuis Cognac-Châteaubernard assurent une surveillance continue au profit des secours — une raison de plus de laisser cet espace aux professionnels de la crise.
Consignes et canaux officiels
Dans les secteurs concernés, une seule règle : suivre les consignes des autorités, et uniquement elles. Les alertes officielles arrivent par FR-Alert directement sur les téléphones présents dans les zones visées ; les points de situation sont publiés par la préfecture de la Gironde et relayés par les mairies. En cas d'ordre d'évacuation, suivez les instructions des gendarmes et les itinéraires indiqués, sans attendre.
Pour tous les autres : n'allez pas voir. Les routes du secteur sont coupées ou réservées aux secours et aux évacuations ; chaque véhicule curieux ralentit les colonnes. Ne surchargez pas les numéros d'urgence pour des demandes d'information — les sites et réseaux officiels des préfectures font le point régulièrement. Et sur l'ensemble de la région, en vigilance élevée : pas de feu, pas de mégot, pas de travaux générant des étincelles à proximité de la végétation, accès aux massifs restreints.
Questions que tout le monde se pose
Lire le message en entier et appliquer ses consignes, qui priment sur toute autre information. Si une évacuation est ordonnée, préparez l'essentiel — papiers, médicaments, chargeur — suivez les itinéraires indiqués et les instructions des forces de l'ordre, et ne revenez pas avant l'autorisation officielle.
Non, jamais. Un drone détecté près d'un incendie cloue les avions bombardiers d'eau au sol : chaque largage annulé fait gagner le feu. Des zones d'interdiction temporaire sont actives autour du sinistre et les contrevenants s'exposent à des poursuites. Pendant les opérations, dans ces secteurs, tous les drones restent au sol.
Lors des épisodes où l'air se charge, limitez l'aération et les activités physiques intenses en extérieur, en particulier pour les personnes fragiles — enfants, personnes âgées, asthmatiques. Suivez les recommandations locales des autorités sanitaires si la situation se prolonge, et consultez en cas de gêne respiratoire inhabituelle.
Passez par les canaux organisés : mairies des communes d'accueil, associations de sécurité civile et de solidarité reconnues. Elles centralisent les besoins réels — hébergement, dons, bénévolat. Évitez les initiatives spontanées sur zone, qui compliquent le travail des secours, et méfiez-vous des cagnottes non vérifiées.
À distance du feu, les retombées de cendres et de suies sont avant tout une nuisance : elles se déposent sur les toitures, terrasses et véhicules. Prenez des photos datées si les dépôts sont importants, et si des dommages apparaissent, sachez qu'un sinistre se déclare à l'assureur dans un délai de cinq jours ouvrés. L'heure reste toutefois à la prudence : on ne monte pas sur un toit pour vérifier.
Les points de situation de la préfecture de la Gironde et de la préfecture de votre département, les pages officielles des mairies concernées, et les médias de service public régionaux. En Charente-Maritime, nous mettons ce carnet à jour à chaque point officiel — mais en zone concernée, seules les consignes des autorités font foi.
Nos pensées accompagnent les familles des deux sapeurs-pompiers disparus, les équipes engagées jour et nuit, et tous les habitants évacués. Ce carnet est mis à jour à chaque point de situation officiel.
Revenir au carnet de suivi- Préfecture de la Gironde — Points de situation officiels
- ICI (France Bleu) — L'évacuation de la presqu'île du Cap-Ferret (24 juillet)
- France 3 Nouvelle-Aquitaine — Carte : zones, routes fermées, évacuations
- ICI (France Bleu) — Charente-Maritime : le feu de Saint-Palais-de-Négrignac
- ICI La Rochelle (France Bleu) — Restrictions d'accès aux massifs en Charente-Maritime (secteur Double saintongeaise)
- ICI La Rochelle (France Bleu) — Alerte sur la qualité de l'air en Charente et Charente-Maritime
- France 24 — Le direct : « situation critique », nouvelles évacuations près de Bordeaux (26 juillet)
- TVBA — Le point de la préfète et du SDIS 33 (samedi 25 juillet)
- Bordeaux Gazette — Les évacuations gagnent la métropole bordelaise (samedi soir)
- franceinfo — Le suivi national de l'incendie
- Préfecture de la Gironde — Point de situation du lundi 27 juillet à 22h30
- ICI (France Bleu) — Le direct du lundi 27 juillet : Gironde stable, retours dans les Landes
- France 24 — Le direct du lundi 27 juillet : Biscarrosse fixé, la Gironde stabilisée
- France 3 Nouvelle-Aquitaine — Landes : le feu de Biscarrosse, 3 600 hectares
- Atmo Nouvelle-Aquitaine — Incendies : suivi de la qualité de l'air et épisode de pollution PM10
- Préfète de la Gironde (X) — Point de situation du mardi 28 juillet à 13h00
- franceinfo — Le direct du mardi 28 juillet : quatorze reprises de feu recensées
- Préfecture de la Charente-Maritime — Pollution atmosphérique : procédure d'information et de recommandations
- Préfecture de la Gironde — Point de situation du mardi 28 juillet à 22h30
- Préfecture de la Gironde — Point du mercredi 29 juillet à 15h30 : zone d'interdiction de survol
- Préfecture de la Gironde — Point de situation du mercredi 29 juillet à 23h00
- franceinfo — Masques FFP2 en Gironde et suivi du feu stabilisé
- RTBF — Renforts militaires belges envoyés vers Bordeaux
- Préfecture de la Gironde — Point de situation du jeudi 30 juillet à 16h : neuf communes réintégrées
- Préfecture de la Gironde — Informations utiles : attestations d'évacuation et arrêtés préfectoraux
- France 3 Nouvelle-Aquitaine — Les drones militaires Reaper engagés en surveillance des incendies
- Gendarmerie nationale — Hommage aux deux sapeurs-pompiers décédés à Mérignac le 21 juillet